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Allemagne : Depuis 2005, des valeurs beaucoup trop élevées étaient utilisées pour les infrasons émis par les éoliennes - le ministre allemand de l’Économie a présenté ses excuses

Pendant des années, l’Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles (Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe, BGR) s’est basé sur un chiffre 4000 fois trop élevé pour décrire les infrasons émis par les éoliennes, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants à l’énergie éolienne. Le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier a présenté ses excuses : « Je suis désolé que des chiffres erronés aient été pris en compte pendant une si longue période. »

L’Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles, qui est rattaché ministère de l’Économie, avait fixé le niveau des infrasons inaudibles à 100 décibels au lieu de 64 décibels. Peter Altmaier a reconnu que l’acceptation des éoliennes terrestres avait souffert de ces erreurs de calcul. Pour lui, il existe un « énorme décalage » entre les chiffres du BGR et les « valeurs réelles ». Selon lui, « ce qui s’est passé est très problématique ». Il veillera à ce que la situation soit clarifiée. Monsieur Altmaier espère que les personnes qui s’inquiètent beaucoup à propos des effets des infrasons sur la santé ressentent désormais « un certain soulagement ». Réalisée en 2005 et publiée pour la première fois en 2009, l’étude du BGR est fréquemment citée en Allemagne par les opposants à l’énergie éolienne dans le but de démontrer que les éoliennes pourraient constituer des risques pour la santé.

L’Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles (BGR) a reconnu des erreurs de mesure dans une étude sur les infrasons réalisée en 2005 et fréquemment citée par les opposants à l’énergie éolienne. Dr. Stefan Holzheu, chargé de recherche à l’Université de Bayreuth, a décelé dans l’étude de BGR une grave erreur de calcul qui fausse les résultats de manière flagrante.

Stefan Holzheu: "En tant que scientifique, je ne comprends absolument pas pourquoi la BGR n’a jamais essayé d’éclaircir d’elle-même l’écart entre les niveaux de pression acoustique."
Stefan Holzheu: "En tant que scientifique, je ne comprends absolument pas pourquoi la BGR n’a jamais essayé d’éclaircir d’elle-même l’écart entre les niveaux de pression acoustique."

Quelles sont les conséquences de la rectification des résultats sur l’estimation des émissions d’infrasons des éoliennes?

Stefan Holzheu: Au fond, il existait déjà auparavant un consensus parmi les scientifiques selon lequel les éoliennes n’apportaient pas de contribution significative à la pollution infrasonore. Mais les niveaux de pression sonore élevés du BGR, et tout particulièrement l’intervention du collaborateur du BGR sur la chaîne de télévision ZDF, donnaient régulièrement lieu, pour les opposants à l’énergie éolienne, à douter de ce consensus scientifique. Les niveaux sonores erronés ont donc contribué de manière décisive à créer un climat d’incertitude auprès de la population.

J’ai informé à plusieurs reprises la BGR qu’elle contribuait à renforcer la position des opposants à l’énergie éolienne. En tant que scientifique, je ne comprends absolument pas pourquoi la BGR n’a jamais essayé d’éclaircir d’elle-même l’écart entre les niveaux de pression acoustique.

Que signifient ces « nouveaux » éléments pour le secteur éolien et la législation en Allemagne, p. ex. en ce qui concerne la distance minimale entre les éoliennes et les habitations des riverains, comme c’est le cas dans plusieurs Länder allemands?

Stefan Holzheu: La rectification du niveau de pression sonore par le BGR n’a pas de conséquence directe. Seul l’espace de protection de 15 km par rapport à la station de mesure d’infrasons I26DE stipulé dans le décret bavarois sur l’énergie éolienne (BayWEE) devrait faire l’objet de nouvelles discussions. Indirectement, cette rectification pourrait et devrait toutefois avoir des répercussions débat sur les distances minimales. Le seul argument que les opposants à l’énergie éolienne pouvaient avancer en faveur d’une distance minimale supérieure à celle stipulée par la loi fédérale allemande sur le contrôle des émissions (BImSchG) était celui des infrasons. Ce dernier est maintenant tout à fait obsolète. Si les hommes et les femmes politiques imposent malgré tout de telles distances minimales, ils le font sans raison. En tout cas, l’instauration de distances minimales ne contribue pas à améliorer l’acceptation des éoliennes.

Les projets éoliens sont de plus en plus confrontés aux reproches de mouvements citoyens selon lesquels les infrasons émis par les éoliennes nuiraient aux riverains. La réalisation de certains projets est entièrement bloquée. Quelles sont les conséquences de ces nouveaux éléments pour de tels projets?

Stefan Holzheu: Tant que les niveaux de pression acoustique élevés du BGR étaient pris en compte sans être rectifiés, il était difficile d’apporter des arguments contraires avec d’autres travaux scientifiques. Pour le citoyen ordinaire, c’était la parole de l’un contre celle de l’autre. Actuellement, il n’existe plus de publication scientifique prouvant des niveaux de pression acoustique élevés. Les groupes pro-éolien me disent maintenant que l’argument des infrasons est de moins en moins avancé par le camp adverse.

Face à la crise climatique, je considère que l’énergie éolienne est la seule alternative. Je souhaite que les projets soient réalisés sur place avec les citoyens, avec des conditions équitables pour les deux parties. Le secteur éolien a également fait des erreurs dans le passé qui ont contribué à ce qu’un argument fallacieux comme celui des infrasons ait trouvé un terrain fertile.

Texte: Windindustrie Deutschland

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Acceptance, Cantons, Communes, Économie/finance, Environnement, International, Politique énergétique, Santé, Technique