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De bonnes nouvelles pour l’énergie éolienne et l’avifaune

L’alerte est levée : une étudescientifique menée dans le parc éolien duPeuchapatte, dans le Jura,montre que le pourcentage d’oiseaux entrant en collision avec les éoliennes est très faible malgré le nombre particulièrement élevé de passages dans la région. On peut conclure de cette étude que les éoliennes ne font que relativement peu de victimes parmi les oiseaux migrateurs. C’est là un signal encourageant dans la perspective du développement de l’énergie éolienne selon la stratégie énergétique 2050.


Cette étude réalisée par la Station ornithologique de Sempach sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie aboutit à la conclusion qu’une éolienne ne tue en moyenne que 20 oiseaux par année. Il est important de noter qu’au Peuchapatte on n’a pas trouvé d’oiseaux morts appartenant à des espèces menacées ni à des espèces d’oiseaux de proie, bien que l’on craint souvent que les éoliennes constituent un danger particulier pour les rapaces. En outre, le nombre d’oiseaux touchés est bien inférieur à ce qu’on avait pu craindre lors de la construction des installations : dans son étude réalisée avant la construction du parc éolien, la Station ornithologique de Sempach estimait le nombre de pertes possibles entre 0 et 1700 oiseaux. Les esprits sceptiques et les adversaires de l’énergie éolienne utilisent généralement la valeur de 1700 oiseaux mortss’avérant désormais très loin de la réalité.


La grande majorité des oiseaux détectent parfaitement les éoliennes et les contournent. ©Photo : Fotolia
La grande majorité des oiseaux détectent parfaitement les éoliennes et les contournent. ©Photo : Fotolia

„Ces résultats sont un signal positif tant pour le développement l’énergie éolienne que pour la protection des oiseaux “, se réjouit Reto Rigassi, directeur de Suisse Eole, l’association pour la promotion de l’énergie éolienne. „Ils montrent de manière exemplaire et très claire que les craintes n’ont souvent que peu de rapport avec la réalité dans le domaine de la protection des oiseaux et peuvent mener à des conclusions erronées.“

Les oiseaux identifient un obstacle
Le nombre avancé de 1700 oiseaux tués par an est purement théorique : il part du principe que les oiseaux, en particulier lors d’une migration, volent tout droit dans les pales de l’éolienne. „Le fait qu’on n’ait dénombré que 20 oiseaux morts par installation indique que la grande majorité des oiseaux détectent parfaitement les éoliennes et les contournent“, ajoute Reto Rigassi. Les oiseaux sont donc capables d’apprendre et identifient normalementl’installation comme un obstacle, comme le confirment les études menées sur l’éolienne Calandawind dans la vallée du Rhin ainsi que des études allemandes.

Utiliser efficacement l’argent pour la protection des oiseaux
L’écart important entre les valeurs théoriques de cette étude très onéreuse réalisée avant la construction et les résultats effectifs de l’étude menée une fois l’installation mise en service montre que les pronostics théoriques sont souvent très inexacts voire irréalistes, malgré un financement important. „Les porteurs de projets dépensent donc de grosses sommes d’argent qui ne sont guère utiles aux oiseaux. Cet argent pourrait être utilisé de manière beaucoup plus efficace si l’on examinait les impacts réels lors du fonctionnement au lieu de faire réaliser de vastes études théoriques. Des mesures ciblées pourraient être prises, si nécessaire, sur la base de ces résultats. C’est ce qu’on appelle la gestion adaptative“, explique Reto Rigassi. Dans les régions particulièrement sensibles, des études plus précises sur l’avifaune restent opportunes avant la construction de parcs éoliens.

L’énergie éolienne en faveur des oiseaux
Suisse Eole est conscient que de nombreuses espèces d’oiseaux sont déjà menacées et qu’il faut éviter dans la mesure du possible les impacts négatifs supplémentaires. Cependant, le changement climatique est le premier danger qui pèse aujourd’hui sur les oiseaux puisqu’il menace 75 % de toutes les espèces d’oiseaux. L’énergie éolienne fournit un précieux courant d’hiver qui complète de façon optimale l’énergie solaire et hydraulique et devrait permettre de remplacer les chauffages fossiles par des pompes à chaleur et les véhicules à essence et diesel par des voitures électriques.

Contexte
On estime que 10 millions d’oiseaux meurent chaque année en Suisse en s’assommant contre des façades en verre et des vitrages. Les chats domestiques tuent environ 2 millions d’oiseaux et 1 million d’entre eux meurent chaque année à cause du trafic routier. Il ressort de l’étude de la Station ornithologique de Sempach réalisée pendant l’exploitation du parc éolien du Peuchapatte, qu’une éolienne ne tue en moyenne que 20 oiseaux par année, soit autant qu’un chat domestique. En projetant ces chiffres sur un développement de l’énergie éolienne conformément aux objectifs de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, il faudrait s’attendre à 20’000 oiseaux morts au maximum par année.

Lien vers l’étude de la Station ornithologique de Sempach
Lien vers le rapport sur l’éolienne Calandawind (en anglais)