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Prof. Rolf Wüstenhagen : « Les investissements dans l’éolien plus performants que celles dans le gaz »

Rolf Wüstenhagen, professeur de l’HSG, et son équipe ont étudié sur mandat de l’OFEN les entités investissant dans les énergies renouvelables et pourquoi la plupart des investissements qu’ils réalisent sont effectués à l’étranger : « Les investisseurs ayant réalisé des installations éoliennes en Suisse sont satisfaits de la performance. »

Dans une interview accordée au magazine energeia de l’OFEN, il répond à la question, quelles énergies renouvelables attirent aujourd’hui les investisseurs suisses : « Le solaire, l’éolien et l’hydraulique sont les énergies les plus intéressantes… Notre étude a surtout porté sur les investissements dans l’éolien et la force hydraulique. Selon nos constatations, les investisseurs ayant réalisé des installations éoliennes en Suisse sont satisfaits de la performance. Ces projets affichaient parfois de meilleurs résultats que d’autres à l’étranger. De nombreux parcs éoliens sont cependant en suspens, car la procédure d’autorisation est sensiblement plus longue que dans d’autres pays. » Le professeur se dit surpris quand à la complexité effective de la procédure, qui découle de la diversité liée au fédéralisme. Il revendique : « Il serait utile d’harmoniser les procédures d’autorisation. »

Rolf Wüstenhagen : « On tend parfois à y sous-estimer les risques à l’étranger … l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs ! » Photo: Daniel Ammann
Rolf Wüstenhagen : « On tend parfois à y sous-estimer les risques à l’étranger … l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs ! » Photo: Daniel Ammann

Quand à l’impact de cette complexité sur le financement des projets éoliens, Rolf Wüstenhagen juge que tout risque a un prix : « Indemniser des investisseurs pour des risques élevés coûte relativement cher. Un projet éolien attirera plutôt ceux qui aiment prendre des risques si sa réalisation nécessite dix à douze ans et s’il peut encore échouer même après six ou huit ans. » Il souligne cependant qu’on tend parfois à y sous-estimer les risques à l’étranger : « Notamment car l’on connaît moins la politique énergétique correspondante, mais l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs ! »

L’équipe de la HSG a comparé, à l’aide d’études de cas, les rendements attendus des investissements dans des centrales éoliennes ou à gaz à l’étranger, ainsi que leurs résultats effectifs : « A posteriori, certaines participations dans des centrales à gaz étaient de mauvais placements, car les tarifs de la charge de pointe ont été surestimés. Les investissements dans l’éolien étaient plus performants et davantage conformes aux attentes. »

Lire l’interview dans energeia 1/2018 p. 2

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Acceptance, Économie/finance, Politique énergétique, Technique